VIOLENCES CONJUGALES

Les violences physiques concernent plus particulièrement les femmes, contrairement aux violences psychologiques pour lesquelles il existe autant de manipulatrices que de manipulateurs. 

Nous avons pris le parti de nous adresser plus particulièrement aux femmes victimes et les exemples suivants présentent un manipulateur masculin mais les rôles peuvent être inversés.

La violence conjugale et la violence en général, qu'elle soit psychologique ou physique est un fléau.

Les femmes victimes de violence conjugale survivent dans la peur, l'isolement, la honte et la culpabilité.

La violence physique est facile à identifier mais certaines formes de pressions psychologiques et de violences sont plus difficiles à percevoir comme étant des mauvais traitements, autant de la part de la victime que de son entourage.

Si votre mari ou ami ne vous respecte pas, si vous souffrez moralement, c'est aussi de la violence.

La violence psychologique peut s'exprimer sous différentes formes. Même si la victime ne présente pas des marques sur le corps, il s'agit aussi de violence.

Si votre partenaire...

  • Vous dénigre, vous méprise, vous rabaisse concernant ce que vous faites ou dites :

    • T'es nulle, t'es incapable !

    • C'est faux...

    • Jamais tu n'y arriveras...

    • Tu me fais honte ma pauvre fille !

    • Tu es un poids, je dois tout faire à ta place !

    • Le manipulateur peut aussi s'exprimer par des soupirs, en soufflant fort ou en levant les yeux au ciel. 

  • Vous rabaisse en critiquant votre physique :

    • T'as un gros cul !

    • Tu devrais pas mettre ça, je te le dis pour te rendre service...

    • Tu ferais pas bander un chameau !

  

  • Vous insulte, vous humilie et/ou tient des propos grossiers :

    • T'as l'air d'une pute !

    • T'es trop conne pour comprendre

    • Salope !

    • Va chier !

    • Valorise ou drague d'autres femmes devant vous.

  

  • Vous contrôle, porte atteinte à votre liberté de mouvements, vous interdit de sortir ou de vous rendre à des rendez-vous, même chez le médecin, appelle régulièrement sur le téléphone de la maison pour savoir si vous y êtes :

    • Je t'interdis d'y aller !

    • Quand j'appelle, tu réponds. Et si tu es déjà en ligne, tu raccroches pour me parler !

    • Je veux plus que tu voies ta soeur !

    • Tu restes ici et tu fermes ta gueule !

   

  • Contrôle vos fréquentations, vous empêche de voir votre famille et vos amis, soit en vous interdisant d'y aller, soit d'une manière plus pernicieuse, en pourrissant vos relations. Il peut vous isoler en se comportant mal lors de certains rendez-vous ou en vous envoyant une multitude de messages auxquels vous êtes sommée de répondre. Tout est bon pour vous éloigner de vos proches, pour qu'ils ne vous invitent plus, pour vous isoler.

  

  • Vous ignore, fait comme si vous n'existiez pas.

  

  • Vous culpabilise, vous reproche de ne pas faire attention à lui, aux enfants, aux dépenses du ménage, etc... :

    • Tu préfères t'occuper de ta mère !

    • Ta fille a besoin de toi !

    • Tu travailles trop, tu t'occupes plus de moi !

    • Tu ne m'aimes pas !

    • Putain, t'as encore acheté une de ces merdes !

    • Je travaille et tu fous le fric par la fenêtre

  

  • Vous harcèle par des questions et des accusations répétitives, vous parle pendant des heures, vous empêche de dormir :

    • Je sais qu'il y a quelqu'un d'autre !

    • Arrête de me mentir !

    • Pourquoi tu m'as pas appelé ?

    • C'était qui ?

  

  • Vous prive de vos droits fondamentaux (droit de travailler, de gérer votre argent, de choisir votre alimentation ou votre religion).

  

  • Vous menace :

    • Si tu me quittes, je te tue !

    • Si tu me quittes, je me tue !

    • Tu peux dire adieu à ta fille si tu pars !

    • Il ne te restera rien !

    • Tu t'en sortiras pas sans moi !

    • Quand on me cherche, on me trouve !

    • J'ai déjà démonté la gueule de pas mal de mecs...

    • Je pourrais tuer quelqu'un, j'ai ça en moi...

    • Tu fais tout pour me pousser à bout !

  

  • Vous contraint à certaines pratiques sexuelles :

    • Si tu ne me le fais pas, j'irai demander à une autre !

    • Tout le monde le fait !

    • Tu es ma femme !

    • Mais je veux t'enculer, bordel !

    • Ça va te plaire, tu verras...

    • Laisse-moi faire !

  

  • Vous contraint à un rapport sexuel non consenti. Le viol conjugal est un viol et il est punissable en tant que tel. Ce n'est pas parce que vous êtes mariée que vous devez vous soumettre à un rapport sexuel.

Si vous vous retrouvez dans certains de ces exemples, vous subissez des manipulations, de la maltraitance de la part de votre partenaire.

Vous devez absolument réagir avant que la situation s'envenime davantage. Très souvent, après les violences psychologiques viendront les violences physiques.

Les violences psychologiques ont également de graves conséquences sur votre santé physique et psychique.

Autres formes de violences

Quelques conseils pour les victimes de violences conjugales:

  • Osez parler de ce que vous subissez. Si votre interlocuteur ne vous semble pas assez réceptif, n'abandonnez pas et adressez-vous à une autre personne ou à un autre organisme. Trop de victimes abandonnent lorsque leur premier essai n'était pas concluant.

  • Si vous subissez des violences physiques, la première démarche à effectuer est de vous rendre à l'hôpital ou chez un médecin pour faire établir un constat médical. Ou d'appeler la police qui vous emmènera à l'hôpital. 

  • Ensuite, rendez-vous dans un poste de police pour porter plainte ou déposer une main courante. C'est  votre droit et c'est gratuit. Si vous le pouvez, faites-vous accompagner par une personne de confiance
    Si l'accueil des forces de l'ordre ne correspond pas à vos attentes (refus d'enregistrer votre plainte, culpabilisation, relativisation des faits, demande d'argent pour enregistrer votre plainte, etc.), rendez-vous dans un autre poste de police, n'hésitez pas! Encore aujourd'hui, même en Suisse, des femmes sont parfois mal reçues. 

  • Dans la mesure du possible, choisissez un avocat spécialisé dans la défense des victimes de violence. Si vous manquez de moyens financiers, vous pouvez bénéficier de l'assistance juridique (vos frais de justice sont avancés par l'Etat). Pour une défense optimale, il est important de suivre à la lettre les conseils de votre avocat. Même si cela est difficile, soyez aussi factuelle que possible et essayez d'éviter les réactions trop émotionnelles. Aide frais de justice canton de Vaud.

 

  • Autant que possible, essayez de préparer votre départ à l'avance:

    • trouvez un endroit sûr où vous réfugier (dans un foyer d'accueil, un nouveau logement ou chez un proche)​

    • emportez avec vous tous les documents administratifs dont vous aurez besoin (passeport(s), cartes bancaires, rapports médicaux, contrats de téléphonie, transports, etc.)

    • emportez tous les documents qui pourraient être utiles à votre défense

    • emportez vos valeurs et vos effets personnels, cartes et codes

  • Pendant toute la durée des violences, les victimes devraient tenir un journal. Celui-ci vous sera utile lors de votre futur dépôt de plainte. Par ailleurs, le fait de consigner les mauvais traitements qui vous sont infligés et de pouvoir les relire permet une plus grande objectivité (les victimes sont souvent trop emphatiques et minimisent les faits).

  • Si vous osez parler, ce qui vous semble aujourd'hui impossible, progressivement, avec le soutien que vous recevrez, deviendra possible. A force de refus, de soutien et de courage, vous parviendrez à vous en sortir. "Les montagnes d'aujourd'hui sont les collines de demain".

  • Il faut connaître votre sujet ! Lisez sur les manipulateurs et les violences conjugales, parlez avec une association ou un thérapeute, regardez des vidéos, allez à des conférences, etc. Vous devez comprendre la maladie de votre bourreau pour qu'il vous atteigne moins et vous prenne moins d'énergie. Pour comprendre que pour sauver votre santé et votre vie, il faut le quitter.

  • C'est dur et vous n'avez peut-être plus d'énergie et un déficit d'amour propre depuis le temps que vous êtes dénigrée mais prenez soin de vous. Renforcez vos résistances en faisant de l'exercice, en ayant une bonne alimentation et, autant que possible, en vous reposant, en faisant tout pour dormir le mieux possible. Ne vous gavez pas de médicaments, n'affaiblissez pas votre organisme. Comme une sportive de haut niveau avant une compétiton, il faut vous préparer au combat. 

Lorsque vous serez enfin parvenue à partir, n'y retournez jamais, même en cas de vaines promesses ou de menaces.

Dans les listes d'adresses citées par canton dans les pages "Victime adulte", vous trouverez du soutien, des oreilles attentives et des personnes bienveillantes. N'hésitez pas à vous rendre sur place ou à les contacter. 

Lorsque vous avez un "coup de mou", ne restez pas seule. Appelez des personnes de confiance ou retournez dans une association afin de recevoir soutien et motivation, d'entendre que ce que vous avez vécu n'est pas tolérable.

Brochure du Bureau de l'égalité entre les femmes et les hommes du canton de Vaud

Brochure du Bureau de l'égalité du canton du Jura et de l'Office de la politique familiale et de l'égalité du canton de Neuchâtel

CYCLES DE LA VIOLENCE

La violence se déroule habituellement suivant un cycle de 4 étapes distinctes :

  1. Le climat est de plus en plus tendu. L'agresseur montre les signes avant-coureurs de la violence physique par des récriminations, les insultes, les cris. De désagréable, il devient de plus en plus menaçant.

  2. La violence explose avec des gifles, des coups et/ou de la violence sexuelle.

  3. L'auteur reporte la faute sur sa victime. Il tente de se justifier et de culpabiliser sa victime comme si elle était responsable de sa violence.

  4. Phase dite de la "lune de miel": l'auteur redevient séducteur comme au premier jour, il demande pardon, fait des cadeaux, promet de ne pas recommencer.

 

Et... la victime a le malheur de le croire. Le temps passe et...

  1. Le climat est de plus en plus tendu. L'agresseur montre les signes avant-coureurs de la violence physique par des récriminations, les insultes, les cris. De désagréable, il devient de plus en plus menaçant.

  2. La violence explose avec des gifles, des coups et/ou de la violence sexuelle.

  3. L'auteur reporte la faute sur sa victime. Il tente de se justifier et de culpabiliser sa victime comme si elle était responsable de sa violence.

  4. Phase dite de la "lune de miel": l'auteur redevient séducteur comme au premier jour, il demande pardon, fait des cadeaux, promet de ne pas recommencer.

POURQUOI MON CONJOINT EST-IL VIOLENT ?

Nous pourrions ici développer le sujet, mais plutôt que de lui trouver des "excuses", quittez-le !

QU'EST-CE QUE L'ALIENATION PARENTALE ?

Qu’est-ce que l’aliénation parentale ? En quoi diffère-t-elle d’un simple dénigrement de l’autre parent après une séparation ?

Christel Petitcollin:

Il est fréquent, lors d’une séparation ou d’un divorce, que les parents aient du mal à cacher leur ressentiment l’un envers l’autre. On parle d’aliénation parentale quand la situation est bien plus grave. Lorsque l’un des deux parents s’avère être un manipulateur et cherche à instrumentaliser son enfant pour punir l’autre parent. Son attitude lui dit : “tu n’auras mon amour que si tu détestes l’autre”. Il va alors mettre toute son obstination à rabaisser et discréditer l’autre parent, jusqu’à ce que l’enfant finisse par le faire de lui-même.

L’enfant, lui, va avoir naturellement tendance à protéger le parent le plus fragile, et donc, paradoxalement, le parent manipulateur. Parce qu’il comprend que l’amour du parent sain est inconditionnel, alors que l’amour du parent malsain, lui, est conditionnel. Par loyauté, il va donc se plier à ses conditions. Et l’on peut alors se retrouver dans des situations dramatiques, où l’enfant refuse de voir son autre parent, faux accusation de maltraiter physique et psychologique, ne veut plus lui parler, et va jusqu’à le haïr.

Comment sortir d’une situation d’aliénation parentale avérée ?

Christel Petitcollin

L’aliénation parentale n’est possible qu’avec la collaboration du parent sain. Il y en a un qui dénigre, et l’autre qui ne se défend pas. Un qui attaque, et l’autre qui se justifie maladroitement. Il est donc impératif que le parent sain, avec ou sans aide, parvienne à sortir de l’emprise du parent manipulateur. Il faut qu’il réussisse à se centrer, à bien se positionner et à résister à la tentative d’aliénation de l’autre parent. C’est un jeu à deux. Si l’un des deux y met fin, la partie est finie.

Prenons un exemple, rencontré il y a peu en consultation : un enfant revient de chez son père et dit à sa mère “Tu es méchante, tu veux prendre tous les sous de papa”. Si la mère commence à se justifier, ou si elle n’ose rien dire pour ne pas rentrer dans l’escalade de la calomnie, l’enfant ne peut pas se positionner. Elle doit mettre un terme à cela. “Ce que tu dis, c’est ce que pense ton papa. C’est son avis. Mais ce n’est pas la réalité et ce n’est pas vrai”. Et c’est tout. Il faut mettre une barrière et dire stop, avec des mots simples. Et il faut rassurer l’enfant avec ce que l’on appelle en psychologie des truismes, qui sont en fait des évidences : “Tu as le droit d’aimer tes deux parents, tu as le droit de ne pas prendre parti, les histoires des adultes appartiennent aux adultes, les affaires de justice entre eux ne te regardent pas”. Il faut redonner à l’enfant la permission de rester en dehors de tout cela. Et le parent sain peut aussi s’adresser au parent manipulateur en présence de l’enfant : “Je t’interdis d’utiliser notre enfant pour faire passer tes messages” et se tourner vers l’enfant : “Papa (ou maman) est assez grand(e) pour me dire tout seul ce qu’il ou elle a à me dire, tu peux rester en dehors de ça”. L’interdit est posé.

Les enfants, même une fois adultes, ne peuvent pas sortir seuls de cette relation toxique. Tant que le parent sain cautionne les déviances du parent malsain, tant qu’il montre que l’on peut s’essuyer sur lui comme sur un paillasson, l’enfant ne peut pas se positionner. S’il a comme modèles un parent méchant mais qui lui semble plus fort, et un gentil plus faible, il va choisir le plus fort, même si c’est le méchant. Il faut lui montrer que l’on peut être gentil ET fort. Le parent victime doit impérativement reprendre le dessus avant que le lien entre l’enfant et lui ne soit complètement coupé. Après, il devient très difficile de revenir sur ce qui a été cassé.

Lien vers le site et les ouvrages de Christel Petitcollin

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